La Grande Maison
- 10 oct. 2015
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L'association "Les Amis de la Grande Maison de Courmemin" créée en 2001, a oeuvré pour "sauver" la vieille demeure qui a toujours suscité beaucoup d'intérêt.
En effet, plusieurs éléments majeurs de la maison sont restés dans leur état originel, notamment le premier étage, le grenier et la charpente. Classée monument historique en 2004, la Grande Maison a fait l'objet de plusieurs projets de restauration.
Quelques titres de propriété ont été conservés et transmis par les différentes générations de propriétaires de cette demeure, mais aucun n'apporte des renseignements sur le bâtisseur ou l'origine de la construction.
Des origines commerciales ?
Certaines particularités, comme la présence d'une galerie sur la partie arrière et les traces d'un auvent, ont conduit à lui donner une vocation d'accueil et de commerce : on la compare alors aux constructions similaires existant dans d'autres lieux comme à la Ferté-Beauharnais où à Romorantin. On suppose alors qu'elle est contemporaine de l'époque florissante de l'industrie de la laine en Sologne, avant la guerre de Cent Ans, des draps étant vendus sur les marchés des villages ou aux foires de Romorantin, de Courmemin et de la Ferté-Avrain. En 1455, "les halles de Courmesmin installées sur la place de l'église, possédaient 24 étaux à drapiers, 16 à merciers et 10 à cordonniers et tanneurs" ; ils mesuraient "huit pieds devant l'estaiche", mais étaient "fondus et vacquants depuis la guerre".
A Romorantin, à la même date on relève "10 étaux à usage de tanneurs, 8 à usage de merciers, 13 de cordonniers et 3 seulement de drapiers". Ces marchés furent ruinés par la guerre de Cent Ans, le compte de la châtellenie, pour l'année 1461-1462, nous apprend que les 36 étaux ont été "tous brûlez piéça par les gens d'armes et sont vacquants".
La datation de la construction par dendrochronologie
Suite au classement de l'édifice, la DRAC a décidé de faire procéder à l'étude de datation par dendrochronologie des bois de l'ossature. Les résultats de l'étude mettent en évidence un approvisionnement en bois continu de l'automne 1506 au printemps 1507, avec une utilisation dès le printemps 1507 pour les pans de bois, puis la charpente. Le stock est complété en automne 1507 ou en hiver 1508 pour les plafonds. Ces quelques saisons d'abattage définissent donc une séquence de travaux, souvent observée sur les édifices de cette époque.
Toutefois, l'échantillonnage n'étant pas exhaustif, il est possible que des arbres soient exploités une ou plusieurs saisons après ceux analysés, ce qui reculerait d'autant la mise en place de ces structures. Après analyse, les spécialistes ont retenu l'année 1510, date du dernier cerne mesuré, pour la mise en place de structures à pans de bois, avec un risque d'erreur très faible, quasiment nul.
Cette datation ne confirme pas l'usage évoqué d'auberge ou de commerce, mais conforte plus probablement celui d'une simple maison noble.


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